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samedi 17 février 2007, 20h21
CONAKRY (AFP) - Les syndicats à l'origine de plusieurs semaines de contestation contre le régime en Guinée ont réclamé samedi la levée de l'état de siège instauré le 12 février, comme préalable aux négociations avec les autorités pour trouver une solution à la crise qui paralyse le pays. Syndicats, responsables de l'Etat et de l'armée étaient censés se retrouver samedi, mais les syndicalistes ont demandé au préalable la levée de l'état de siège, décrété par le président guinéen Lansana Conté jusqu'au 23 février.
Samedi matin, la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), l'une des centrales à l'origine de la grève générale lancée le 10 janvier et réactivée le 12 février, a coupé court aux espoirs de conciliation en annonçant son refus de rencontrer les autorités comme initialement prévu. "Les réunions sont interdites, tant en public qu'en privé, pendant l'état de siège. Nous n'irons pas au Palais", a déclaré Yamoussa Touré, secrétaire général adjoint de la CNTG.
"Nous demandons la levée de l'état de siège, la sécurité des syndicalistes, l'arrêt des perquisitions de nuit et des tueries", a confirmé Rabiatou Sérah Diallo, secrétaire générale de la CNTG. Mme Diallo avait participé jeudi à une première réunion avec le président de l'Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, des représentants du Conseil économique et social, du patronat, de l'armée et des chefs religieux. Cette rencontre constituait un premier pas vers la reprise du dialogue depuis la réactivation de la contestation ayant suivi la nomination, le 9 février (bien février) au poste de Premier ministre de Eugène Camara, jugé trop proche de M. Conté par les syndicats. "On laisse le temps aux syndicats de se décider jusqu'à lundi. S'ils ne viennent pas, on en tirera les conclusions qui s'imposent", a réagi Aboubacar Somparé. "Sans état de siège, il y a des violences. L'état de siège sera levé quand il n'y aura plus de menace." Un calme apparent règne depuis quelques jours en Guinée, sous la pression de l'armée dont des avions de combat ont survolé Conakry samedi après-midi. L'instauration de l'état de siège a provoqué la réprobation internationale et l'envoi samedi à Conakry d'une mission "exploratoire" de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao, 15 pays). Les émissaires dépêchés à Conakry par la Cedeao - l'ex-président nigérian Ibrahim Babangida et le président de la commission de la Cedeao Mohammed Ibn Chambas - ont rencontré samedi le président Conté et des diplomates occidentaux. "Nous n'aimerions pas voir la Guinée sombrer dans une situation très chaotique", a déclaré M. Babangida. Il a estimé qu'une telle situation pourrait menacer la stabilité de la sous-région, relevant que la Guinée partage des frontières avec des pays au fragile équilibre comme le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée-Bissau. "Nous avons tous exhorté M. Babangida à revenir très vite, car il y a urgence", a confié un diplomate à l'AFP. Mohammed Ibn Chambas a de son côté indiqué que la mission retournerait dès samedi au Nigeria, où siège la Cedeao, avant de se rendre au Burkina Faso pour s'entrenir avec le président Blaise Compaoré, président en exercice de la Cedeao. Les troubles déclenchés début janvier par les grèves générales et manifestations hostiles au pouvoir ont fait au moins 113 morts depuis janvier. L'état de siège, qui limite nombre de libertés individuelles et instaure notamment un couvre-feu de 18 heures sur 24, a été décrété par Lansana Conté, au pouvoir depuis 23 ans, pour stopper ces manifestations.
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